L’histoire de Charlotte

De bien des façons, la vie de Charlotte est toute ordinaire. Mariée, elle vit dans une grande maison de banlieue avec son mari et ses enfants. Elle occupe un poste important dans une grande société, où elle est responsable des services à la clientèle. Elle est fière de sa réussite professionnelle. Étant donné sa position, Charlotte a souvent à désamorcer des situations délicates. Les clients apprécient son entregent et sa facilité avec les gens.

C’est alors que la vie de Charlotte bascule. Son mariage s’écroule et le divorce qui s’en suit provoque en elle un changement profond. D’un jour à l’autre, Charlotte commence à se replier sur elle-même. Elle devient sévèrement déprimée et incapable de travailler. Elle est constamment fatiguée, ne réussit pas à dormir. Elle est incapable d’entrevoir l’avenir. Ses enfants ne lui procurent plus aucune joie. Rien en fait ne l’égaye. Elle commence même à entretenir des pensées suicidaires.

Pendant deux ans, Charlotte souffre de dépression profonde. Son médecin essaie différentes formes de thérapies, médicaments et psychothérapie, mais rien ne fait effet. Découragé par son manque de succès, il la réfère au Programme de troubles dépressifs du Douglas.

Charlotte au Douglas

Au Douglas, Charlotte est évaluée par Dr Gustavo Turecki, M.D., Ph.D., chef du Programme des troubles dépressifs. Il est incapable de reconnaître la femme active et professionnelle décrite dans les notes du médecin traitant dans la personne assise dans son bureau. Il voit plutôt quelqu’un de timide et léthargique. Charlotte fixe le sol sans lever les yeux et ne réagit à rien.

Elle est acceptée dans le programme, mais les traitements offerts par cette clinique très spécialisée font peu de différence. On essaie alors la stimulation magnétique transcrânienne (SMT) qui agit en stimulant les parties du cerveau associées à la dépression chez certains patients. Chez Charlotte, la SMT fait effet. Elle réagit et il y a une amélioration notable immédiate, qui sert de base pour le travail de toute l’équipe — sa travailleuse sociale, les psychothérapeutes et autres intervenants. Suivant cette première session de stimulation magnétique transcrânienne, Charlotte poursuit une thérapie d’un an.

Le processus de rétablissement comprend le retour au travail de Charlotte à temps partiel. Le jour de son retour au bureau, tout le personnel se lève pour lui faire une ovation. Après quatre mois, elle reçoit une promotion.

Dr Turecki se rappelle de sa première rencontre avec Charlotte : « C’était une personne complètement différente, dit-il. Elle est méconnaissable. »

Dr Turecki et son équipe

Gustavo Turecki, M.D., Ph.D., est directeur du Programme des troubles dépressifs de l’Institut Douglas, destiné aux enfants et aux adultes. (Johanne Renaud, M.D., FRCPC, est responsable de la section jeunesse). Avec un ensemble de cas à traiter estimé à 200 patients, le programme hautement spécialisé (de troisième ligne) offre des traitements à la fine pointe qui ne sont disponibles nulle part ailleurs au Québec, à des patients gravement atteints par la dépression qui répondent de façon peu convaincante aux thérapies conventionnelles. Ces patients se sont vus traîner, pendant des années, à travers les méandres du système; ils ont développé d’autres problèmes liés à leur état, y compris des problèmes de personnalité. «Le programme que nous offrons en matière de dépression est le seul au Québec qui intègre, de façon authentique, les aspects clinique et recherche à la fois.»

Les conséquences économiques liées à la dépression ne sont pas inconnues dans le monde des affaires; le chercheur Turecki admet que plusieurs patients aiguillés ver ce programme étaient autrefois des professionnels et des cadres supérieurs.

La stimulation magnétique transcranienne est au nombre des thérapies utilisées et s’avère hautement efficace auprès de certains patients. Les cliniciens combinent cette thérapie à la médication afin de stimuler certaines zones définies du cerveau et du système nerveux qui ont démontré une corrélation dans l'amélioration de l’état du patient.
Gustavo Turecki dirige également le Groupe McGill d'études sur le suicide, établi à l’Institut Douglas; le Groupe se consacre à l’étude des facteurs de risque liés au suicide, y compris la dépression. Le Québec est parmi les provinces canadiennes ayant les plus hauts taux de suicide (les territoires étant exclus).